My skinny sister

 

My SKINNY SISTER 

Réalisateur: Sanna Lenken

Billet de Vincent Chenille

 

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Le film raconte l’histoire d’un problème alimentaire qui en masque un autre. Tout commence par une histoire de surpoids. Stella voudrait faire comme sa sœur Katja, qui est patineuse artistique. Elle s’engage dans la même école de patinage et commence à délaisser ses habitudes alimentaires pour suivre celles de sa sœur. Elle jette les chips à la poubelle et met de côté la purée à la cantine. Elle se contente d’un œuf dur et d’un verre de lait pour son repas. Si elle veut avoir le corps de sa sœur, c’est parce qu’elle lui envie sa robe à strass et son professeur de patinage, dont elle est tombée amoureuse.

Finalement, Stella délaissera son régime minceur, parce qu’elle s’apercevra que le professeur, qui est bien plus âgé, ne l’aime pas, et parce qu’elle découvrira que sa sœur est atteinte d’anorexie. Katja se prétend végétarienne pour éviter un repas d’anniversaire au restaurant. C’est un prétexte, car lors d’un repas familial, elle rejette une salade composée avançant qu’elle comporte du basilic. Katja se montre au fur et à mesure intolérante à tous les aliments. S’informant auprès d’une nutritionniste, Stella apprend que l’anorexie peut entraîner des crises cardiaques en cas d’efforts prolongés. Ce qui pourrait le cas de Katja, qui s’entraîne de façon acharnée au patinage. Du coup, les problèmes de rondeurs de Stella passent au second plan et deviennent des sujets humoristiques, dès lors qu’il existe une menace de mort.

Katja est prise dans un cercle infernal. Elle s’impose un régime à cause du patinage. Mais la fédération sportive lui interdit la patinoire, tant qu’elle n’aura pas repris des forces. Mais la perspective d’une vie sans patinage ne l’incite pas à vivre et donc à manger. Stella finira par avouer le secret de sa sœur à ses parents. Il ne s’agit pas de délation, de l’opposition du gros envers le maigre. Stella aime sa sœur et ne veut pas la voir mourir. A la fin du film, elle sera la seule confidente de Katja. Autrement dit, entre problèmes alimentaires, on se comprend. Le film insiste sur l’amour et la tolérance, mais il se termine dans une impasse, avec, certes, Katja dans une institution pour anorexiques mais non décidée à s’alimenter.

My skinny sister ne répond pas à la question de pourquoi Katja s’impose ce régime, alors que ses professeurs de patinage le lui interdisent. Ce film montre Katja prête à braver les interdits, à faire de grands sauts sur la patinoire. Katja est à la recherche d’un corps céleste. Ce qui rapproche ce film suédois du film américain Hungry hearts, sorti l’an passé. Pas de glorification dans cette recherche : Katja fait de grands sauts, mais finit par tomber dans les pommes… Le film montre ainsi l’inéluctable de cette logique.